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Clefs pour la lecture des récits - Convergences critiques II

Avant-propos de Christiane Achour et Amina Bekkat

Cette nouvelle version de Convergences Critiques revue, corrigée et enrichie, s'adresse aux étudiants de licence de français qui préparent des modules de textes littéraires (pratiques et théoriques). Comme le manuel précédent (Alger, OPU, 1990), il est nécessaire dès la première année mais il n'en constitue pas le programme ; il reste utile tout au long du cursus, tant par les exposés de notions critiques qu'il contient que par les nombreuses références bibliographiques dont la lecture personnelle doit constituer le complément indispensable à la formation.

Son propos est recentré par rapport à l'ouvrage précédent : il se consacre à l'analyse des récits et pour cela, il met en pratique une initiation à la théorie de la réception, à la narratologie et à la sociocritique. Ces choix critiques répondent à un double souci : celui de privilégier des outils méthodologiques qui ont désormais fait leur preuve dans la pratique pédagogique et dans une activité réelle de lecture ; celui, par ailleurs, de méthodes non exclusives d'autres lectures et en constituant une propédeutique indispensable. Rigoureuses, maniables et précises, elles mettent des balises à l'apprenti-critique et ne sont pas en contradiction avec d'autres approches interprétatives dont elles peuvent toujours être l'amorce solide et textuelle.
Le terme de récit est employé dans un sens général pour désigner toutes les formes de narration: roman, nouvelle, récit, conte, etc., répondant à la définition proposée par Claude Brémond :

Tout récit consiste en un discours intégrant une succession d'événements d'intérêt humain dans l'unité d'une même action. Où il n'y a pas récit il y a, par exemple, description (si les objets du discours sont associés par une contiguïté spatiale), déduction (s'ils s'impliquent l'un l'autre), effusion lyrique (s'ils évoquent par métaphore ou métonymie), etc. Où il n'y a pas intégration dans l'unité d'une action, il n'y a pas non plus récit, mais seulement chronologie, énonciation d'une succession de faits incoordonnés. Où enfin, il n'y a pas implication d'intérêt humain (où les événements rapportés ne sont ni produits par des agents ni subis par les patients anthropomorphes, il ne peut y avoir de récit, parce que c'est seulement par rapport à un projet humain que les événements prennent sens et s'organisent en une série temporelle structurée.
("La logique des possibles narratifs", 1966, p. 62)

Par ailleurs les récits sont familiers à de nombreux moments de la vie (échanges quotidiens et lecture ou écoute de la presse écrite, radiophonique et télévisuelle) et ils sont les textes littéraires lus par le plus grand nombre de lecteurs.

Le manuel est organisé en cinq chapitres conçus pour constituer un instrument de travail commun à l'enseignant et à l'étudiant; il n'est pas un manuel d'auto-formation de l'étudiant. En effet, l'adoption d'une forme condensée des exposés et la réduction des explications et des références à l'histoire de la critique rendent l'intervention de l'enseignant tout à fait utile pour éclairer, lorsque le besoin s'en fait sentir, les antécédents de telle ou telle notion, de telle ou telle théorie.

C'est dans cette perspective aussi que le chapitre cinq n'a pas souhaité multiplier les illustrations puisque celles-ci se feront en fonction des programmes d'œuvres choisies dans les universités et des œuvres disponibles pour l'analyse.
A la fin de chaque chapitre, on trouvera les références bibliographiques des critiques et des œuvres cités dans le chapitre. Nous avons supprimé les notes en bas de page pour faciliter la lecture et alléger la présentation, en notant à la suite de la citation le nom du critique et la page de l'ouvrage. L'information est complète dans les références de fin de chapitre.
Chaque chapitre comprend une courte introduction qui expose le plus clairement possible ses objectifs. Le chapitre 1 porte sur la communication littéraire ; le second, sur l'initiation à la narratologie. Le troisième est consacré au rapport du texte au paratexte et au contexte et le quatrième à l'intertextualité.

L'ensemble de l'ouvrage a bénéficié de la lecture attentive des deux auteurs. Toutefois Christiane Achour est directement responsable des trois premiers chapitres tandis qu'Amina Bekkat a conçu le chapitre 4 sur l'intertextualité.

Christiane Achour et Amina Bekkat
Alger, septembre 2002

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© Editions du Tell - Novembre 2003

 

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