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L'Algérie et les Peintres orientalistes
de Victor Barrucand
Extraits de la préface à la présente réédition
L'Algérie et les peintres orientalistes
est une somme des critiques et des réflexions de Victor Barrucand
sur l'art et la peinture qu'il a diffusées tout au long de
sa vie dans les pages des journaux. Paru le 22 juillet 1930, à
l'occasion du Centenaire de l'Algérie, ce beau livre toujours
recherché aujourd'hui, méritait une seconde vie. C'est
une présentation très personnelle du mouvement par
Victor Barrucand, où alternent des réflexions sur
l'évolution artistique en Algérie, de courtes présentations
des peintres et des poèmes évoquant des scènes,
des villes ou des motifs typiquement algériens
Après un court préambule, il nous présente
les premiers maîtres de la peinture algérienne et le
renouveau insufflé notamment par la villa Abd-el-Tif. Il
s'intéresse ensuite à la technique picturale, au marché
de l'art. Il détaille la géographie des paysages algériens
(le Sahel, le Sud, les Hauts plateaux, le Sahara) et démontre
comment ces climats déterminent un mouvement artistique proprement
algérien
Victor Barrucand nous invite à des déambulations dans
la ville d'Alger, montrant ses transfigurations, son changement
continuel et le renouveau de l'art qui en découle. Il souligne
la richesse de l'artisanat traditionnel, s'attarde sur les portraitistes,
s'arrête sur les différentes ethnies qui composent
la population. Il pose encore la question de l'art, comme description
de la nature, comme innovation et comme mouvement. Mais pour mieux
illustrer l'art orientaliste, plutôt que d'abstraites démonstrations,
il présente ses poèmes, subtilement choisis et introduits
par de courts textes explicatifs
L'Algérie et les peintres orientalistes présente
24 planches en couleurs de peintres orientalistes, auxquelles il
faut ajouter les deux couvertures de Ketty Carré et de Mohammed
Racim. Victor Barrucand y démontre la richesse et la diversité
des talents orientalistes et donne l'occasion à ses amis
peintres de promouvoir leur uvre
Il est difficile de retrouver tous les liens qui unissaient Victor
Barrucand et ces peintres. On compte parmi eux quatre anciens pensionnaires
de la Villa Abd el Tif à la fondation de laquelle il fut
associé : Léon Cauvy, Léon (et Ketty) Carré,
Marius de Buzon et Maurice Bouviolle
Chez Rochegrosse, qui
habitait à El-Biar, non loin de chez lui, Victor Barrucand
croise quelques-uns des peintres présentés : Augustin
Ferrando, Alexandre Rigotard, Paul Nicolaï, Gustave Lino
Bref, il côtoie et s'attache l'affection des peintres qui
font la fierté de la capitale algérienne.
Céline KELLER
Conservateur de bibliothèque
prépare une biographie de Victor Barrucand
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