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"Feuillets d'El-Djezaïr" de H. Klein
Le Soir d'Algérie - Jeudi 5 Juin 2003
Le témoin des temps passés
Dans le sillage de ses publications dans la collection
Histoire et Patrimoine, les Editions du Tell, dont le siège
est à Blida, viennent de rééditer un ouvrage
intitulé Feuillets d'El-Djezaïr.
Ce livre en deux tomes, qui a été déjà
publié en 1937 par le comité du Vieil-Alger sous l'impulsion
de son fondateur Henri Klein, ne peut être trouvé que
chez certains collectionneurs qui le gardent jalousement par devers
eux. Riche en informations pouvant instruire les férus ou
autres amateurs de l'histoire d'Alger, il a pour vocation également
de "mettre à la disposition du grand public des documents
leur permettant de mieux connaître et de mieux appréhender
l'histoire de l'Algérie" lit-on dans la préface
écrite par M. Djamel Souidi, docteur en archéologie.
En le parcourant, le lecteur est, non sans appétence,
pris d'envie de le relire autant de fois que possible tant les renseignements
sur l'histoire d'Alger avant la colonisation foisonnent. Mais son
secret réside dans le style linguistique avec lequel les
Feuillets sont rédigés.
Même les menus détails sont évoqués
dans ce livre pour ne rien laisser au hasard, telle la mention de
cette pierre considérée comme la pièce d'identité
de l'ancien Alger qui a été trouvée en 1844
dans une maison de La Casbah et sur laquelle était inscrit
: "Nous reviendrons", faisant allusion à la défaite
concédée par l'armée de Charles-Quint qui promet
de revenir.
Les portes d'Alger, les mosquées, les remparts,
les places, les tombeaux ainsi qu'une liste exhaustive de rues avec
leurs anciennes dénominations sont présents :
Bab-El-Djedid ou porte neuve, celle par laquelle les Français
sont entrés en 1830 et qui fut détruite en 1866, tandis
que Bab-Azzoun était la porte où les Turcs suspendaient
les condamnés, nous apprend l'auteur du livre.
"Le khodjet-El-Kheil (ministre des Biens ruraux) faisait dresser
ses potences sur les places où le bourreau du Dey, le "noubatchi",
procédait à la décapitation des personnes",
apprend-on dans l'ouvrage.
Les bâtiments militaires d'avant la colonisation, telles les
casernes de Janissaires au nombre de sept, dont cinq d'entre elles
furent construites en 1650, étaient réservées
aux seuls célibataires; l'une d'elles appelée M'ta
Bab-El-Djezira (porte de l'île) était habitée
par Yahia Agha.
Plusieurs pages sont consacrées à Dar Mustapha-Pacha,
construite en 1798 et, sur l'initiative du maréchal Clauzel,
transformée à partir de 1835, en bibliothèque
nationale...
Autant d'éléments à même
de nous intéresser font de ce livre une oeuvre littéraire
et historique des plus méritoires : elle nous replonge
dans des temps passés où les repéres sont finement
détaillés.
Rappelons enfin qu'Henri Klein est né à
Oran en 1864 et mort à Alger le 3 avril 1939. Attiré
par la ville d'Alger, il se consacra pleinement à l'étude
de son passé et pour en défendre la cause, il fonda
le comité du Vieil-Alger.
par M. Belarbi
Lien vers le site du quotidien Le
Soir d'Algérie :
http://www.lesoirdalgerie.com/
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